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Compte rendu du Comité de lecture du 4 mars ...

 Nous avons commencé cette seconde rencontre de l’année en parlant longuement d’un livre qui en a interpellé plus d’une une :

« Le Garçon » de Marcus Malte : Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin, d’instinct. Alors commence l’épreuve du monde : la rencontre avec les hommes – les habitants d’un hameau perdu, Brabek, l’ogre des Carpates, lutteur de foire philosophe, Emma, mélomane et si vive, à la fois soeur, amante et mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’abominable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation.

Poésie, tendresse, cruauté, violence et beauté. On retrouve tout cela dans l’écriture envoûtante de ce roman épique et indispensable. Le vocabulaire est magnifique

C’est un immense roman de la condition humaine.

 

Et puis nous avons réussi à nous intéresser aux autres livres lus par chacune de nous :

« La terre qui les sépare » de Hashim Matar : En 1990, Hisham Matar a dix-neuf ans lorsque son père, Jaballa Matar, disparaît. Celui-ci, après avoir trouvé refuge en Egypte avec ses proches, est enlevé et emprisonné en Libye pour s'être opposé dès le début au régime de Kadhafi. Vingt et un ans plus tard, lors de la chute de Kadhafi, en 2011, le peuple prend les prisons d'assaut et libère les détenus. Mais Jaballa Matar est introuvable. A-t-il été exécuté lors du massacre d'Abou Salim qui a fait 1 270 victimes en 1996 ? Hisham Matar va mener l'enquête pendant des années, relatant l'histoire de cette disparition dans la presse internationale. A travers une méditation profonde et universelle sur la condition des fils qui attendent le retour de leurs pères partis au combat,

Hisham Matar retrace l'histoire poignante d'un retour au pays, après une absence de plus de trente ans. Il livre également un portrait subtil de la Libye prise dans la tourmente de la dictature et de la révolution, qui synthétise les espoirs déçus du Printemps arabe.

 

« Silence » de Shûsachu Endô : Japon, 1614. Le shogun formule un édit d'expulsion de tous les missionnaires catholiques. En dépit des persécutions, ces derniers poursuivent leur apostolat. Jusqu'à ce qu'une rumeur enfle à Rome : Christophe Ferreira, missionnaire tenu en haute estime, aurait renié sa foi. Trois jeunes prêtres partent au Japon pour enquêter et poursuivre l'oeuvre évangélisatrice ...

L’auteur éclaire une part méconnue de l'histoire de son pays. C’est une réflexion sur le caractère universel des religions et le sens véritable de la charité chrétienne,

Roman encensé par la critique internationale, il a été porté à l’écran par Martin Scorsese

 

« Un fauteuil sur la Seine » d’Amin Maalouf : C'est à un saut original dans l'Histoire de France que nous convie Amin Maalouf avec ce dernier livre. L'auteur franco-libanais a pris le parti de raconter la vie et les aventures de ses dix-huit prédécesseurs au 29e fauteuil de l'Académie française qu'il occupe depuis son élection en 2011.

Dans ce grand kaléiodoscope il y a les célébrités, il y ceux que l'Histoire a oublié. Et puis il y ceux à qui l'Histoire a fini par rendre justice.

 

« Il pleuvait des oiseaux » de Jocelyne Saucier : Des petits vieux hors d'âge vivent en solitaires chacun dans sa cabane de rondins, coupés du monde dans des bois reculés, ravitaillés et protégés de la civilisation par des marginaux, gentils trafiquants-cultivateurs de substances illicites. Un huit-clos en crépuscule de vie, fait de liberté et de sérénité, en dépit des drames passés.

Ce roman rend un vibrant hommage aux vieux, à la liberté de mourir, à l'amour et à la nature. Sans commentaires superflus. Juste bienveillant.

 

Ah ! Un livre , enfin, qui nous transporte dans la fantaisie :

«  Le cas Malaussène » de Daniel Pennac : «Ma plus jeune sœur Verdun est née toute hurlante dans La Fée Carabine, mon neveu C’Est Un Ange est né orphelin dans La petite marchande de prose, mon fils Monsieur Malaussène est né de deux mères dans le roman qui porte son nom, ma nièce Maracuja est née de deux pères dans Aux fruits de la passion. Les voici adultes dans un monde on ne peut plus explosif, où ça mitraille à tout va, où l’on kidnappe l’affairiste Georges Lapietà, où Police et Justice marchent la main dans la main sans perdre une occasion de se faire des croche-pieds, où la Reine Zabo, éditrice avisée, règne sur un cheptel d’écrivains addicts à la vérité vraie quand tout le monde ment à tout le monde. Tout le monde sauf moi, bien sûr. Moi, pour ne pas changer, je morfle.» Benjamin Malaussène.

C'est du Pennac pur jus, un peu anar, très gouailleur, il réitère sa foi dans le roman, l'invention, la fantaisie. Sa verve jubilatoire n’a pas pris une ride.

 

Et aussi des livres sur les femmes et sur le couple ….

« La saison des mangues introuvables » de Daniyal Mueenuddin : Au cœur du Pakistan, entre Lahore et Islamabad, après l’indépendance et la partition, dans les années 1970, à travers une série de nouvelles, l’auteur raconte la geste de la richissime famille KK Harouni et de ses très nombreux serviteurs. Une galerie de portraits hauts en couleurs et en saveurs pour mettre en scène tous les vices qui corrompent cette société de grands féodaux qui n’a pas su gérer l’héritage britannique et qui a préparé le lit des intégristes.

La corruption y est déclinée sous toutes ses formes

le bonheur est rare, le destin inévitable, et où chacun cherche sa place à l'heure où s'épuisent les traditions,

Ce recueil aux odeurs de poussière, de luxure, de mangues et de jasmin a été finaliste aux Etats-Unis du National Book Award 2009 (catégorie Fiction) et vient de remporter à New York le Prix de la Nouvelle.

 

« Le goût âpre des kakis » de Zoyâ Pirzâd : l’auteur nous transporte en Iran à travers cinq nouvelles qui ont sont autant de portraits de femme face au mariage. Un mariage heureux est-il possible ? Oui, mais encore faut-il que les personnes aient les mêmes préceptes…..

Des gestes furtifs, des tremblements de tchadors, et des rêves de délivrance qui s'esquissent par-delà les murailles d'une nation immobile.

On ne peut s’empêcher de penser au magnifique livre d’Atiq Rahimi « Syngué Sabour : Pierre de patience » : En Afghanistan, une femme veille son mari blessé. Au fond, ils ne se connaissent pas. Les heures et les jours passent tandis que la guerre approche. Et la langue de la femme se délie, tisse le récit d'une vie d'humiliations, dans l'espoir d'une possible rédemption.

Ecriture magnifique qui a obtenu le Prix Goncourt en 2008 et qui a été porté à l’écran par l’auteur.

 

« Mari et femme » de Zeruya Shalef » : Israël, de nos jours, une famille à mille autres semblable : un couple et leur fille nous plonge dans les entrailles de leur vie, disséquant tout d'une manière à la limite du supportable. Tout est banal, en fait, mais sa façon de le vivre et de le rapporter est en permanence déconcertant, pénible et à la fois fascinant.

Un grand roman qui ne laisse pas indifférent, et qui vaut la peine de s'accrocher dans sa lecture.

 

Et puis des livres plus anciens :

« Le jardin des Finzi-Contini » de Georgio  Bassano : écrit dans les années soixante il revient sur le sort des juifs italiens avant et pendant la seconde guerre mondiale, à travers la vie d'une famille juive de la grande bourgoisie, les Finzi-Contini, vue par le regard d'un jeune juif de milieu modeste amoureux de leur fille Micol, la soeur de son ami Alberto.

Magnifique roman tout en nostalgie, témoignage d'une société révolue. Porté à l’écran sous le même titre par Vittorio de Sica

 

Livres achetés :

            - « Romain Gary s’en va en guerre » de Laurent Setzyk                  Ed. Flammarion

            - «  Le cas Malaussène » de Daniel Pennac                                     Ed. Gallimard

            - «  L’archipel d’une autre vie » d’Andreï Makine                           Ed. Seuil

            -  « Profanes » de Jeanne Benameur                                                           Poche

 

 

 

Prochain rendez-vous du Comité de lecture le

Samedi 6 Mai 2017 à la Librairie de l’Ecritoire à Semur en Auxois

 

 



15/03/2017
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