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Compte rendu du Comité de lecture du 6 mai 2017

Etaient présentes : Jocelyne Rémy, Martine Carayon, Fanny Basseti, Roselyne Rouot et Valérie Delbore

 Cette 3ème séance de l’année fut riche en découvertes et enthousiasmes.

 

  .     Désorientale de Negar Djavadi – Ed. Liana Levi - A suscité à l’unanimité, depuis plusieurs mois de partage, un grand intérêt.

Kimiâ Sadr, née à Téhéran puis exilée en France, suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie, Anna. 

Dans la salle d'attente, elle se remémore ses souvenirs, sa famille, ses parents, opposés aux différents régimes en place. 

Un récit qui évoque l'Iran des années 1970, la France d'aujourd'hui, l'exil, l'homosexualité, l'identité et la transmission.

  • Quand sort la recluse de Fred Vargas – Ed. Flammarion. Jocelyne l’a lu et nous témoigne de son vif intérêt retrouvé, déçue par le précédent titre.

    « - Trois morts, c'est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n'est pas de notre compétence. 

    - Ce qu'il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J'ai donc rendez-vous demain au Muséum d'Histoire naturelle. 

    - Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ? 

    - Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés. 

    - Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l'araignée recluse ? »

  • Profanes de Jeanne Benameur – Actes sud – nombreuses parmi les lectrices ont apprécié ce livre

    Ils sont quatre, ils ne se connaissent pas mais ils vont rythmer la vie du docteur Octave Lassalle qui les a soigneusement choisis comme on compose une équipe -- comme avant autour de la table d'opération, mais cette fois-ci, c'est sa propre peau qu'il sauve, sa propre sortie qu'il prépare. 

     

    D’autres titres sont cités :

    • Dans l’ombre d’ Arnaldur Indridason – Ed. Métaillier – Fanny a eu du mal à y rentrer cette fois-ci.

    Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un “SS” en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. 

    Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue. 

    L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme.

    Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la “Situation”, cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus.

    Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible.

     

    • Repose-toi sur moi de Serge Joncour – Ed. Flammarion – Prix interallié 2016 – Les lectrices ont bien aimé sans pour cela adorer.

    Aurore est styliste et mère de famille. Ludovic est un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils partagent la cour de leur immeuble parisien et se rencontrent car des corbeaux s'y sont installés. Leurs divergences pour régler ce problème les mènent à l'affrontement mais ils finissent par apprendre à se connaître.

     

    • La vie automatique de Christian Oster – Ed. de L’Olivier – C’est à découvrir selon Jocelyne

     Jean provoque accidentellement un incendie dans sa cuisine, mais ne fait rien pour l’éteindre. Il assiste en spectateur à la destruction de sa maison, puis décide de la quitter définitivement. Il se rend à Paris, où il mène une vie errante, car c’est à Paris qu’ont lieu les tournages où il est employé comme acteur de troisième rôle. Un jour, dans le métro, il croise France Rivière, une actrice autrefois célèbre. Elle lui propose de venir s’installer chez elle, et Jean se trouve embarqué, presque malgré lui, dans la vie de cette femme. Il fait la connaissance de son fils, Charles, un garçon intrigant qui sort de l’hôpital psychiatrique. A la demande de France, Jean va veiller sur lui, le prendre en filature, prêt à le suivre jusqu’au bout du monde…

    La vie automatique met en scène un homme qui tire un trait sur le passé mais ne se résigne pas à s’engager dans une nouvelle vie. Sans perspective d’avenir, il se laisse conduire où le vent le pousse, tout en ayant une conscience aiguë de la « crise » qu’il traverse. Un admirable roman sur la dérive d’un homme qui renonce à l’illusion de vouloir maîtriser le cours de son existence.

     

    • Continuer de Laurent Mauvignier – Ed. de Minuit – Très belle écriture !

    Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.

    Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

     

    • Une jeunesse perdue de Jean-Marie Rouart – Ed. Gallimard

    Le narrateur anime une revue d’art à la réputation internationale, qui lui donne une certaine surface sociale dont il a profité jusqu’à présent pour cumuler les conquêtes amoureuses. Or voici qu’ayant atteint «l’âge de braise», le feu de la séduction n’est plus aussi fort, les jeunes femmes se détournent et lui renvoient l’image d’un homme sur le déclin...

     

    • Voyager de Russel Banks – Actes Sud

    Le romancier acclamé et primé nous emmène dans certains de ses voyages les plus mémorables dans cette collection révélatrice d'essais de voyage qui s'étend sur le globe, des Caraïbes à l'Ecosse jusqu'à l'Himalaya.

    «Depuis l'enfance, j'ai eu envie d'échapper, de rajeunir, de richesse inconnue, de débuts fraîches érotiques et narcotiques et sybaritiques, pour une grande romance, un mystère et une intrigue», écrit-il dans cette anthologie convaincante. Le désir d'évasion l'a emmené des «îles vertes et des mers turquoises» des îles des Caraïbes aux pics de l'Himalaya, des Andes et au-delà.

     

    • L’archipel d’une autre vie de Andreï Makine – Ed. Seuil – Très bien ! A lire !

    Aux confins de l’Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s’étendent des terres qui paraissent échapper à l’Histoire…

    Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l’immensité de la taïga ?

    C’est l’aventure de cette longue chasse à l’homme qui nous est contée dans ce puissant roman d’exploration. C’est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu’il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée.

    La chasse prend une dimension exaltante, tandis qu’à l’horizon émerge l’archipel des Chantars : là où une « autre vie » devient possible, dans la fragile éternité de l’amour.

     

    • Eloge des voyages insensés de Vassili Golovanov – Ed. Verdier – A ne pas manquer !

    L'île polaire de Kolgouev est le cœur du récit. C'est en lui donnant une dimension imaginaire que Golovanov parvient à décrire avec le plus de fidélité cet espace géographique et mental. Il raconte ses expéditions en mêlant à ses impressions, ses propres sensations, des légendes, des contes, des dialogues, composant ainsi une étrange et puissante partition symphonique qui fait de son livre une sorte d'épopée contemporaine sur les cendres des temps mythiques.

     

    • Les vies oubliées de Didier Mény – Ed. de L’Armançon – Distrayant et agréable !

    Roman de l’oubli et du souvenir, Les Vies oubliées nous dit aussi la violence de vivre, les gestes simples, les amours et les drames d’une famille qui traverse le siècle.

     

    Les livres achetés à cette séance :

    • Tropique de la violence de Natacha Appanah – Ed. Gallimard
    • Le monde des hommes de Pramoedya Ananta Toer – Ed. Zulma
    • Un chien en ville de Jules Gassot – Ed. Rivages
    • L’Eldorado Polaire de Martin Frobisher de Marie-Hélène Fraïssé – Albin Michel
    • L’enfant qui de Jeanne Benameur – Actes Sud
    • Voyager de Russel Banks – Actes Sud
    • Saint Valentin mon amour de Jean-Claude Kaufmann – Ed. LLL
    • Dans une coque de noix de Ian McEwan – Gallimard
    • L’indolente de Françoise Cloarec – Ed. Stock
    • L’Eveil de Line Papin – Ed. Stock
    • Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson – Ed. Julliard
    •  
      • Le prochain rendez-vous n’a pas été encore pris, mais cela ne saurait tarder !

 

 



18/05/2017
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